Joseph Joncour (1889-1915)

Joseph Marie Joncour naît le 8 mai 1889 à Lindu en Quéménéven. Il est le quatrième et dernier enfant de Joseph, cultivateur et de Marie Anne GILLE.

Avant la guerre

Cheveux bruns, yeux roux, il est de taille supérieure à la moyenne (1,68m) et possède un niveau d’instruction de fin d’école  primaire.

Il est incorporé au 1er régiment d’infanterie coloniale de Cherbourg le 5 octobre 1910 pour y effectuer son service militaire (matricule 2602 au recrutement de Brest-Châteaulin). 

Réformé le 1er mars 1911 pour « bronchite chronique spécifique avec amaigrissement et dépérissement de la constitution ».

Pendant la guerre

Réformé pendant son service militaire, il n’est pas mobilisé en août 1914. Finalement, le conseil de révision du 7 décembre 1914 le classe dans le service armé. 

Mobilisé le 3 février 1915, il passe au 2e régiment de marche d’infanterie coloniale de Brest, le 6 mai 1915, puis au 52e régiment d’infanterie coloniale le 16 août 1915.

Le 52e régiment d’infanterie coloniale, a été constitué en mai 1915 dans le Var par un bataillon venu du dépôt du 2e RIC (Brest) et par un bataillon formé par une compagnie de 4 régiments d’infanterie coloniale dont le 2e RIC. de Brest.

Le 17 août 1915, le 52e RIC rejoint son corps d’armée (le 2e CAC) à Suippes, où il est employé à des travaux de préparation dans le secteur de Souain en vue de l’attaque du 25 septembre.

Circonstances de son décès

Le 24 septembre à minuit, les bataillons gagnent les emplacements d’attente à proximité des parallèles de départ, d’où vont partir les vagues d’assaut le lendemain.

Après une courte préparation d’artillerie, les deux premières vagues d’assaut sortent des tranchées, le 25 septembre à 9h10, suivies des troisième et quatrième vagues, incluant le 52e RIC.

Loin d’être anéanties par la préparation d’artillerie, les troupes allemandes ripostent par un violent tir de barrage. Le 52e RIC progresse sur moins de 200m, et y laisse le quart de son effectif, dont Joseph Joncour.

Voici ce que l’on peut lire dans l’historique du 52e RIC

« A minuit, les bataillons quittèrent leurs bivouacs pour gagner les emplacements d’attente situés tout prés des parallèles de départ. Ce mouvement, exécuté par nuit noire, dans des parallèles et des boyaux enchevêtrés , suivi par tous les éléments d’une division, s’accomplit avec ordre. A 3 heures du matin, les bataillons étaient à pied d’œuvre et recevaient un complément de munitions (2 grenades par homme).

« Vers 6 heures, l’heure de l’attaque fut communiquée à la troupe. On eut bien soin d’expliquer aux hommes que l’artillerie cesserait son tir à 9 heures ; que la première vague quitterait la parallèle de départ à 9 h 10 ; que la deuxième vague la remplacerait dans la parallèle de départ et déboucherait quand la première aurait gagné une distance de 50 mètres ; que les autres vagues procèderaient de même ; que le tir d’artillerie reprendrait alors, non sur les premières tranchées ennemies, mais sur celles plus en arrière pour se continuer suivant notre avance.

« Jusqu’à 9 heures, l’artillerie française fut seule en action. A 9 h 10, la première vague bondit hors de la parallèle de départ et, entre 9 h 15 et 9 h 20, ce fut le tour des troisième et quatrième vagues dont le 52e faisait partie.
« Mais entre le moment où cessa le tir de notre artillerie et celui où déboucha la première vague, l’ennemi s’était ressaisi. Il déclencha un formidable barrage entre ses lignes et les nôtres ; ce barrage ne réussit pas à arrêter la marche de nos vagues, mais, le régiment, sur une distance de moins de 200 mètres, laissa le quart de son effectif. (…)

la marche en avant continua. Les vagues se reformaient d’elles-mêmes, après le franchissement des obstacles, et les ouvrages de Presbourg et de Wagram furent abordés et enlevés après un rude combat de tranchée où la baïonnette joua le plus grand rôle. Peu ou pas de prisonniers : l’acharnement était trop grand de part et d’autre. (…)

Plus de 6 kilomètres avaient été franchis, 11 lignes de tranchées enlevées. »

Voir l’article sur la seconde bataille de Champagne.

Après son décès

Son décès est retranscrit le 26 mai 1921 à la mairie de Quéménéven

Sources

Registres d’état-civil de Quéménéven

Fiche matricule, AD du Finistère (1R-1416 – 1909)

Fiche de Joseph Joncour sur la base des morts pour la France (site Mémoire des Hommes)

Historique du 52e RIC

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